У нас вы можете посмотреть бесплатно JE T'ÉCRIRAI À TON ADRESSE DE DISPARUE (poème) или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
Ce poème (revenu d'un long silence) est dédié à ceux et celles qui vivent l'épreuve d'un deuil irréel. Musique: This is Not Effortless - True Cuckoo Un jour, les pas qu’on entendait dans la maison se font attendre, les jours passent en accéléré le film des saisons communes et se replient, on ne voit plus qu’avec les mains qui cherchent à tâtons dans une nuit hirsute. On dit : voilà, tu es partie. On dit : l’autre côté du miroir ou bien le pays parallèle, la pierre à secret qui nous relie. On laisse faire, forces perdues, quand ceux qui officient recouvrent de grains de terre le bois qu’on recouvre à son tour pour que tout désormais se cache, ou bien on disperse en poudre de temps ce qui s’appelait corps de l’autre qui déjà n’est plus là : silhouette avalée à la surface de l’écorce. Lequel à cet instant a dit à l’autre, en y croyant vraiment : je ne te laisserai jamais seul ? Il faut le croire. Se peut-il que l’autre qu’on aime soit ainsi devenu hors d’atteinte, hors des draps froissés, de la table mise, des baisers au petit matin, rumeur de la maisonnée ? Se peut-il ? Tandis que les nuages poursuivent leurs songes de nuages et que la mer persiste et signe. C’est notre histoire, notre immense minuscule histoire que chacun de son côté emporte en butin de mystère. Et voilà. J’ai demandé à cette page de prolonger ma voix. Et j’ai tendu l’oreille et la tendrai encore demain et chaque jour de mon passage. Et je questionnerai le veilleur à son chemin de ronde: ne vois-tu rien venir ? Mes yeux se plisseront. Ils apprendront avec le temps à te parler, mais autrement, à t’embrasser, mais autrement. Et je tendrai l’oreille encore pour trouver la juste longueur d’onde où vibre ton sourire, coquelicot unique au milieu des coquelicots, ton irremplaçable sourire. Peut-être est-ce cela que tu m’apprendras désormais : le fil qu’on tire seul de l’abîme pour un matin ensemble, entre fontaine et platanes, et dans la fumée de l’automne, devenir vivants. Dominique Sorrente