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Lambert Wilson, Katharina Kammerloher, Artavazd Sargsyan et Xavier de Maistre interprètent Halleluja - Oratorium balbulum de Peter Eötvös avec le Choeur et le Philar de Radio France sous la direction de Gergely Madaras. Extrait du concert enregistré le 18 janvier 2024 à l'Auditorium de la Maison de la Radio et de la Musique. #PeterEötvös #LambertWilson La musique de Péter Eötvös est souvent de nature narrative ou théâtrale. Réflexion sur le théâtre et le langage, Halleluja-Oratorium balbulum se situe entre l’oratorio et la cantate, le sacré et le profane. Pour personnage principal, le moine Notker le Bègue, Notker Balbulus en latin, ayant vécu à l’Abbaye bénédictine de Saint-Gall entre la fin du VIIIe siècle et le début du IXe . Probablement est-ce son œuvre de musicien qui a retenu l’attention de Péter Eötvös. L’idée qu’on puisse dire en musique ce qu’on peine à dire avec des mots, tels des hymnes devant porter la prière plus haut. Au Moyen Âge, les mots pouvaient d’ailleurs servir à la musique, puisqu’ils étaient un moyen mnémotechnique d’apprendre les vocalises du plain-chant. Nokter le Bègue ayant été le maître de la séquence grégorienne, l’oratorio est un peu comparable à ces poèmes qui prolongeaient autrefois la jubilation. Péter Eötvös se souvient de la naissance du projet : « En 2008, nous avons reçu une commande pour l’œuvre à grande échelle Halleluja-Oratorium balbulum de la Philharmonie de Vienne. Nous avons travaillé pendant cinq ans en parfaite harmonie avec Péter Esterházy, qui a terminé le texte de base en 2010. Dans le passé, les compositeurs tiraient le contenu des oratorios à partir de thèmes bibliques. Esterházy a choisi un thème sacré mais, avec un langage profane, il a créé un style distinctif. Son protagoniste est le Prophète qui, à cause de son bégaiement, ne peut pas prédire l’avenir. L’Ange l’interroge sur le présent et l’avenir, mais c’est surtout le Chœur, la foule, qui donne la bonne réponse. Dans tout cela, le Narrateur nous guide. » Prolongeant la grande tradition de l’oratorio avec la présence d’un narrateur, la distribution d’Halleluja est d’autant plus éloquente qu’elle permet à Péter Eötvös de retrouver une figure céleste qui lui est chère. En effet, des anges chantaient déjà dans Angels in America, opéra inspiré par la pièce éponyme de Tony Kushner, ainsi que dans Paradise Reloaded (Lilith), d’après La Tragédie de l’homme d’Imre Madách. Mais c’était les démons qu’on accusait de troubler la parole dans Die Tragödie des Teufels, avec un étrange mélange d’idiomes sataniques et de langues d’esclaves. Dans Halleluja, la voix parlée s’oppose au chant. Au chœur revient la jubilation, portée par la vocalise plutôt que par les mots. De nombreux extraits musicaux surgissent du passé : le Messie de Haendel, la cantate BWV 21 « j’avais grande affliction » de Bach, des pièces de Schein et de Monteverdi, d’autres superposées de Mozart et Bruckner. Pour se présenter, le chœur insiste sur la nécessité de chanter ensemble et décline les modes de polyphonie. Capable d’imiter les Beatles et de pousser un « grand soupir de Lennon », il renoue ailleurs avec les parallélismes archaïques de Nokter –Natus ante saecila – ou se déploie dans le style fugué de la Musique pour cordes, percussion et célesta de Bartók Accompagné par l’orchestre sur le motif schumanien de « L’Oiseau prophète » (extrait des Scènes de la forêt de Schumann), le Prophète s’essaie sans caricature aux effets de l’aria baroque pour y faire disparaître son propre bégaiement. Ponctuellement, le geste s’associe à la musique. Le geste de l’instrumentiste à l’origine du son, comme le geste stimulé par la musique, action imitant la mélodie par des mouvements de main. Parole et musique sont en compétition, si l’on en croit la jalousie du narrateur privé de notes. Divers espaces d’individualisation permettent à chacun de s’affirmer grâce à une écriture plus ou moins ouverte, pouvant même indiquer les directions mélodiques comme le faisaient les notations primitives. Pour prendre sens, le texte de Péter Esterházy doit être le plus actuel possible. Le Prophète et l’Ange se promènent dans les époques au fil des quatre fragments, jusqu’à revivre au public la tragique journée du 11 septembre 2001, avant que les avions ne s’écrasent contre les tours jumelles de New York. La collaboration entre Péter Eötvös et Péter Esterházy a été d’autant plus aisée que le langage était au cœur de leur réflexion. Comme le compositeur, l’écrivain avait déjà expérimenté le plurilinguisme ; lui aussi avait fait de l’humour une part essentielle de la lucidité. Dans Halleluja, comédiens et chanteurs s’adressent donc directement au public et à l’orchestre. Chacun y parle de lui-même jusqu’à y admettre ses petits travers, et ainsi parle du monde. La distance est celle de la langue, des mots qui imposent leurs propres sentiments, leur façon de raconter et de penser les choses. Finalement, Péter Eötvös poursuit, avec Halleluja – Oratorium balbu...