У нас вы можете посмотреть бесплатно Dom Juan [La honte et la colère du père] – Pascal Ruiz joue Molière или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
JEAN-BAPTISTE POQUELIN, dit MOLIÈRE. Alors que « Tartuffe » est interdit de représentation, Molière met à l’affiche « Dom Juan », à partir du canevas d’une pièce espagnole de Tirso de Molina « Le trompeur de Séville, ou Le convive de pierre », déjà à la mode depuis quelques décennies. Molière a écrit cinq actes en prose (et sans divertissement musical ou chorégraphique), tout au rebours des usages de l’époque. Il le refera avec « L’avare ». Son écriture est dense, fouillée, passionnée. Le cri de défi lancé à Dieu par le personnage de Dom Juan n’effraie pas le public, dans la mesure où tous les autres personnages de la pièce le désavouent. Le succès est conséquent. Mais étrangement la pièce n’est pas reprise. Elle est même abandonnée par la troupe après la mort de son chef et n’est éditée que neuf ans plus tard. Et la veuve de Molière commande alors à Thomas Corneille (le jeune frère de l’auteur du « Cid ») une version en vers et en deux actes, très fade. Le croira-t-on ? C’est cette version aseptisée, brève et sans humour ni violence, cette « traduction » piteuse, qui est jouée jusqu’au début du vingtième siècle. Puis soudain, en quelques années, trois merveilleux comédiens, Louis Jouvet, Jean Vilar et Jean Debucourt (la voix de Dieu dans la série filmée des Don Camillo !) osent le vrai texte de Molière, jugé trop sulfureux… Dom Juan retrouve enfin la scène et ne la lâche plus. Aujourd’hui, justice est rendue à ce chef d’œuvre inouï. Cette comédie dans laquelle le personnage principal meurt à la fin devant son public ; cette écriture cinématographique avant l’heure où le sur-place théâtral est remplacé par une course vers un après qui ne s’atteint jamais ; cette histoire de séducteur que l’on voit si peu séduire et jamais conclure ; ce dialogue vif, heurté, aux phrases coupées, morcelées, interrompues presque systématiquement, réplique après réplique… mais qui contient en cinq ou six endroits quelques-unes des plus longues tirades de son auteur, faites des phrases les plus longues de tout son théâtre ; ce cadeau scénique que tous les animateurs veulent incarner quand lui, Molière, n’en souhaita prendre que le faire valoir, Sganarelle ; ce texte de « Dom Juan », écrit en 1665, pouvait à lui seul justifier la gloire du dramaturge… Nous sommes au 4e acte. Dans le défilé des personnages qui viennent perturber la journée folle de Dom Juan, surgit soudain son père, Dom Louis. Non seulement Dom Juan ne témoigne d’aucune amabilité vis-à-vis de son père, mais il montre même son impatience et se réfugie aussitôt dans un silence insolent. [Dans la playlist qui porte son nom au sein de notre chaîne, Molière est évoqué au travers d'interprétations d’extraits des pièces, de quelques critiques et témoignages, ou encore des préfaces de leur auteur.]