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Réflexion sur la vieillesse (Jean-François Beauchemin) Je ne m'étais pas aperçu que nous vieillissions. L'amour peut-être dans une sorte d'emportement nécessaire, m'avait distrait de cela. J'avais été auprès de toi comme la feuille sur la branche, retenue par une certitude: la croyance en un soleil toujours neuf, à jamais assidu. Nous avons vécu l'enfance, puis la jeunesse, et ensuite quelque chose d'autre est venu comme pour rester. Quelque chose que je n'arrive pas encore à bien nommer. Pour l'essentiel, la vie a donc été faite, jusqu'à présent, d'un temps évanescent, indéfini, mais qui nous a traversé néanmoins et a fait de nous deux ce que nous sommes, des gens ordinaires, c'est-à-dire, tout à la fois heureux et éprouvés, reconnaissants et par moments consternés par la dureté du destin. Vers le milieu de la vie, non pas imperceptiblement, mais comment dire, posément, lorsque nous avons cessé d'être jeunes, a commencé une existence étonnante, pleine de hasards familiers, de désirs pacifiés, de drames importants, de joies pures, et de craintes assumées. Était-ce cela vieillir? Nous ne le savions pas. Pas encore! Il me semble en tout cas, que nous avons voulu certains soirs, arrêter le temps. Endiguer ce flot qui nous menait par de gré à notre perte. Peut-être y parvenions-nous. Te souviens-tu des oies sauvages qui, les nuits d'octobre, passaient au-dessus de notre maison, guidées par les étoiles vers le sud bienveillant? Leur chant entrait par la fenêtre entrouverte. Je poussais ton épaule et quand tu ouvrais les yeux je murmurais: Écoute. Nous sommes vivants. Nous sentions alors quelque chose se rompre. OUI! Le temps suspendait son mouvement pour nous inclure, aurait-on dit, dans la procession de ces oiseaux avançant sur la nuit du monde. La mort viendra, nous le savons, mais il y a toujours, peut-être pour nous apaiser, cet objet étonnant qu'est le cœur. Cet inlassable ouvrier de notre vie commune. Souviens-toi au début, comme nous étions ignorants de ses impératifs. Nous assumions qu'il suffisait de découvrir l'amour en nous-même pour en assurer la persistance. Nous avons compris plus tard, qu'il nous fallait, pour le retenir, lui opposer le barrage de nos bras, de nos cœurs, non pas battant au même rythme, mais pénétrer de la même clairvoyance. Qu'aurons-nous compris en quittant ce monde? Deux ou trois choses: La désinvolture du hasard, le peu d'enfoncement de nos pas, mais nous n'aurons pas découvert comment vivre à la hauteur du miracle qui installait l'amour en nous-mêmes. Tout au plus en aurons-nous senti la nécessité. EN attendant, nous poursuivrons, toi et moi, notre tâche difficile, contrés par notre acharnement à croire en une humanité meilleure, c'est-à-dire plus près de sa fatalité d'obligeance, contrer cette forme d'intolérance à l'amour qui érode le monde. Notre progression est lente mais rien ne presse. Nous sommes vivants. De cette vie de forêt que déverse sur nous, chaque jour, l'étrange grammaire des fougères, des villages et des étoiles. https://www.quebec-amerique.com/auteu... https://dusoleil.leslibraires.ca/ecri...