У нас вы можете посмотреть бесплатно Hubert Robert témoin de son temps et artiste visionnaire или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
Après avoir passé une dizaine d'années à Rome, Hubert Robert, que vous avez pu découvrir dans la vidéo précédente - Hubert Robert et la poétique des ruines -, rentre à Paris. C’est là qu’il est né, c’est là qu’il a toujours vécu en dehors de son séjour romain, c’est là qu’il mourra. Témoin de son temps, comme vous le découvrirez ici, Hubert Robert illustre les valeurs de la bourgeoisie montante dans de touchantes scènes de genre : sa tendresse pour sa famille, son affection pour sa protectrice, Mme Geoffrin, qu’il représente dans son intimité loin des contraintes de la vie mondaine, son goût du « théâtre de société » et de la Commedia dell’arte. Ami des grands, pour lesquels il réalise décors et jardins (il est nommé « dessinateur des Jardins du roi », en 1784), il est aussi le peintre de Paris, dont il enregistre les métamorphoses à la fin de l’Ancien Régime. Ses œuvres, qui font écho au Tableau de Paris de Louis Sébastien Mercier (1781) témoignent de la modernisation de la capitale : on y voit la destruction des maisons obstruant les ponts depuis le Moyen Age - une mesure « hygiéniste » qui devait favoriser la circulation, créer de nouvelles perspectives, apporter de l’air et de la lumière aux Parisiens -, l’Ecole de chirurgie en construction et même les bains chauds qui seront ouverts sur la Seine en 1791 ou l’incendie de l’Opéra de 1781, une catastrophe urbaine tristement prémonitoire. Chroniqueur de la Révolution, Hubert Robert, qui présente la Bastille dans les premiers jours de sa destruction au Salon de 1789, puis, un an plus tard, la Journée des brouettes et la Fête de la Fédération, est le seul artiste à avoir représenté le viol des sépultures royales pendant la Terreur : les tombeaux du chœur et du transept de la basilique Saint-Denis avaient été profanés en août 1793 ; en octobre, les caveaux de la crypte l’avaient été à leur tour. Les cadavres, dépouillés de leurs bijoux, avaient été jetés dans deux fosses communes... Un traumatisme dont l’œuvre d’Hubert Robert gardera longtemps les stigmates : par deux fois, il peindra la Destruction du château de Meudon, symbole honni de l’Ancien Régime mais chef-d’œuvre d’architecture dont il avait lui-même aménagé les jardins. Désigné « suspect pour son incivisme reconnu, ses liaisons avec les aristocrates », Hubert Robert sera arrêté le 29 octobre 1793. Détenu à Sainte-Pélagie puis à Saint-Lazare, sentant déjà sur sa nuque le tranchant de la guillotine, il réclame ses pinceaux et exorcise ses angoisses en peignant sur tous les supports possibles (y compris des assiettes) la condition de ses codétenus, tenaillés par la faim et contraints de graisser la patte à leurs geôliers pour améliorer leur quotidien (quand ils en ont les moyens) ... Il sera libéré le 4 août 1794, après la chute de Robespierre. Robert, qui avait été nommé « garde des Tableaux du roi » dès la fin des années 1770 deviendra « conservateur du Muséum national des arts » après 1795. Il prendra alors une part active à la planification, à l’aménagement et à l’organisation du musée des beaux-arts installé dans l’enceinte de l’ancien Palais Royal. Créateur visionnaire, il fera du Louvre une véritable Encyclopédie de l’art : sa Grande Galerie en ruine conjuguera un éclairage zénithal, emblématique des Lumières, et les stigmates du vandalisme révolutionnaire. Il renouera ainsi avec la « poétique des ruines » qu’il avait illustrée dans ses années romaines en méditant sur la fin inéluctable des civilisations. La toile, bouleversante et superbe, porte envers et contre tout un message d’espoir : l’Apollon du Belvédère, qui représente le dieu des arts, domine les ruines. Malgré les catastrophes et la folie des hommes, les murs du musée restent un espace civilisateur.