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Ce cinquantième épisode aborde – en frémissant – l'interrogatoire terrible du cinquième acte. ¶ « Je ne sais pas ce que je sais » : Debussy pousse non vers un Credo général, mais vers l'état de Mélisande, avec le retour de son thème, tel qu'il était altéré et funèbre au début de l'acte V (cf. début de l'épisode précédent). ¶ Au retour de Golaud ("Il ne te veut pas le moindre mal, sois-en sûre"), retour du première thème de l'opéra, celui de la forêt (surtout utilisé en I,1, la rencontre et III,4, Golaud avec Yniold en lisière de forêt), qui renvoie à leurs premiers échanges, écho à l'effet assez poétique. Tout de suite suivi de l'apparition du motif de Golaud-errance (secondes majeures en alternance binaire-ternaire), on pourrait presque dire ici de Golaud-victime ("Si tu as peur, il s'en ira"). Est-ce parce que l'on adopte le point de vue de Golaud (il voudrait renouer avec la petite fille qu'il a "sauvée" dans la forêt), parce que Mélisande a véritablement, comme elle le montre, oublié les derniers événements traumatiques (et se remémore seulement le Golaud initial, même si, on l'a vu, il présente déjà certains caractères de prédation), ou peut-être, par peur, se réfugie-t-elle à nouveau sous les atours de l'innocence ? La musique ne tranche pas, mais par le choix de renvoyer à la forêt pourtant absente ici, et à la partie la moins menaçante du motif de Golaud, oriente vers une forme d'oubli, ou du moins d'occultation de la tragédie qui sépare le début de cette fin. "Y a-t-il longtemps que nous nous sommes vus", et le terrible "vous avez maigri et vieilli" font aussi écho à la rencontre du premier acte, où Mélisande avait (peut-être) déjà manifesté sa peur de l'âge de Golaud par l'assassin "je commence à avoir froid". C'est à la fois un pont fait entre les deux situations, une façon de nier ce qui vient de se passer, mais aussi le constat du temps qui a fui et des âges qui ont avancé. ¶ Le motif de l'obscurité (les triolets de secondes majeures qui font penser à Pimène de /Boris Godounov/) reparaît aussi à ce moment-là ("vous avez maigri et vieilli") : menace qui plane ? évocation de cette forêt nocturne où ils se sont d'abord rencontrés ? ou simplement le soir déjà mentionné qui se manifeste par la fenêtre ? ¶ Une nouvelle formule sonore apparaît, qu'ont associe quelquefois au pardon : Mélisande l'emploie lorsqu'elle voit revenir Golaud, puis lorsqu'elle accepte de pardonner sans savoir (ou en feignant de l'ignorer), enfin lorsqu'elle apprend qu'elle va mourir. Ce sont des accords paisibles, dans des couleurs modales recueillies, qui transmettent plutôt une impression de paix. _Début de l'interrogatoire._ ¶ La formule n'apparaît qu'ici, mais je suis frappé d'entendre des accords réutilisés dans le Sacre du Printemps (accords de neuvième avec la neuvième au soprano), avec des rythmes syncopés qui produisent un effet assez similaire. (Il n'est pas complètement surprenant que Stravinski puisse connaître des réminiscences de nature debussyste.) ¶ Après "que faut-il pardonner", la scène est soutenue à l'orchestre par des triolets défectifs (qui frottent un peu), c'est-à-dire qu'il y manque la première note, une formule d'accompagnement qui rapproche cette nouvelle scène de torture de celle d'Yniold, qui comportait des tournures similaires. Ce n'est clairement pas un motif commun, il y a trop de distance, mais on voit que Debussy puise dans un répertoire similaire pour exprimer une situation comparable ; c'est ce que j'appelle des "formules", c'est-à-dire des briques purement musicales qui sont utilisées sans contraintes de ressemblance décelable ou de sens commun – autrement dit de la matière musicale propre au compositeur. ¶ Les grands accords terrifiants qui accompagnent "Et je voudrais savoir" sont peut-être (musicalement) le moment le plus ouvertement monstrueux de tout l'opéra, où la violence est plus sèche comme à la fin de la scène de la Tour, plus insinuante comme dans les Souterrains, ou plus esthétisée et lyrique, comme pour le meurtre de Pelléas. Ils m'évoquent assez les cloches menaçantes du couronnement de Boris, avec cet effet d'écho terrible. Peut-être est-ce une figuration du glas qui annonce la mort imminente de la châtelaine. ¶ Citation du motif de Pelléas sur la réponse de Mélisande "je l'ai aimé", motif qui s'éteint doucement en descendant, en mélodie nue, comme se délitant avant sa conclusion. ¶ Citation du motif de l'amour brûlant de la fin du IV sur "je te demande si tu l'as aimé d'un amour défendu", comme pour confirmer le souvenir de ce dont il a été témoin de ses propres yeux et pouvoir s'absoudre de son geste. Ou pour rappeler au spectateur ce dont il est question, quelle qu'en soit sa perception : le moment est convoqué par la musique. [Suite de la description dans le premier commentaire.]