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LE JOKA JALO OU L’APOLOGISTE DU TRAVAIL Le joka jaalo est un griot. Mais cette transposition lexicale à elle seule ne reflète pas toute la réalité recouverte par ce griot spécialiste d’un domaine bien précis. Autrement dit, si « jalo » se rend en français par griot, la terminologie « jookaa » quant à elle fait plutôt appel à une autre spécificité : celle du travail et – précisément – de la terre. C’est dire que l’appellation « jaaloo » ou « jéli » à savoir « griot » n’est qu’un terme standard renvoyant à tout professionnel de la parole dans l’espace du Mandé, voire au-delà. Si dans la plupart des sociétés ou groupes ethniques le griot est transversal à toutes les activités ou stratification sociale, chez les mandingues, a contrario, les griots sont compartimentés à des fonctions clairement définies. S’il en est ainsi, les griots sont bien spécialisés parce qu’il est admis ceux des rois (généalogiste et/ou diplomate), certains chanteurs et instrumentistes des fêtes et autres réjouissances populaires (jali), d’autres qui chantent les érudits ( fina jalo)… LE JOOKAA : GRIOT ES-QUALITES Mais là où le génie mandingue s’est illustré le plus (il faut toujours se démarquer pour se faire remarquer !), c’est d’avoir inventé un griot ès-qualités dédié aux travailleurs. Le « jookaa jalo » est un apologiste du travail. Dans l’exercice de sa fonction très singulière, il a un binôme : le « timpo ». Ce mot mandingue qui se rend en français par « taupe » ne reflète pas, cependant, toute la réalité recouverte par le contenant de ce vocable. Si dans la tradition occidentale l’image de la taupe est péjorative du fait qu’elle est perçue, en quelque sorte, comme un mouchard ou plus exactement un espion, la compréhension mandingue, toutefois, la décline comme celle qui aime la terre au sens où le « timpo » est intimement lié elle. En d’autres termes, si dans la pensée occidentale la taupe est jugée comme celle qui se cache sous la terre – d’où son caractère de mouchard -, le « timpo » lui se met sous la terre du fait de l’intimité qui le lie à elle. L’image en filigrane veut simplement laisser apparaitre que le « timpo » est un grand travailleur de la terre, disons un grand cultivateur LE JOOKAA CHANTE LE CULTE DU TRAVAIL Egalement, si le « timpo » est lié à la terre, il en est de même avec le « jookaa » qui le célèbre en le chantant. Dans la tradition ancestrale mandingue, les meilleurs d’entre nous, les plus valeureux, sont ceux qui partent les premiers au champ. C’est pourquoi le « joka jaloo » loue ceux qui se lèvent avant les premières lueurs du soleil et se rendent aux champs. Ceux-là sont de véritables machines à cultiver. Si les griots traditionnels chantent les rois et les nobles, le joka jaloo lui chante l’hymne des travailleurs pour les pousser au-delà de leurs propres limites. C’est dire que le jookaa jalo permet de donner au travail toute sa grandeur et toute sa dignité. DES MORCEAUX ET UN RYTHME QUI POUSSENT AU DON DE SOI Le monde mandingue est la seule société à dédier un g riot au service des travailleurs. Par cette trouvaille, le génie mandingue avait voulu ravaler au rang de roi et noble les braves travailleurs. Par ailleurs, l’idée en lame de fond dans cette pratique de « jookaa », c’est la célébration du travail et l’anoblissement du travailleur. Dans la pratique, le rythme de son chant imprime la cadence au travail, ses paroles chantent les valeurs du travail et incitent au don de soi et au surpassement. TOUTE UNE PHILOSOPHIE DANS LA RELATION « JOOKAA/TIMPO » Le « Jookaa » loue l’attitude du timpo qui se lève tôt et se rend au champ. Et, pour se lever tôt, il faut être maître de son corps. C’est en étant maître de son corps qu’on pourra se surpasser et reculer les frontières de nos capacités physiques et mentales. Si vous n’y arrivez pas, vous serez la risée de la société car le « joka jaloo » vous raillera dans ses morceaux. Pour le « jookaa », si vous donnez au corps du bonus, il vous ôtera du tonus ! C’est ce manque de tonus qui vous enivra et vous tomberez sous les lois de la paresse. Tomber sous ses ordres, c’est être de toute manière son esclave. On verra que le combat que le « jookaa » mène est donc celui contre la chair et, par la même occasion contre soi-même. Autrement dit, la philosophie que cherche à véhiculer le « jookaa » est, de prime abord, le combat contre notre corps que nous devrons apprendre à dominer par tous les moyens. Pour le « jookaa », c’est le combat qui vaut d’être mené ! La victoire la plus noble ce n’est pas la victoire sur les autres, mais la victoire contre soi-même, disons contre notre corps et ses envies qui nous tirent vers le bas comme l’apathie, le flemme, le sommeil, l’alanguissement … ! LES THEMES DES CHANSONS DU « JOOKAA » Pour la pensée mandingue, l’humain est un être écartelé entre deux extrêmes : corps et esprit. Il sera donc question de comprimer le corps pour ne laissez aucune issue où pourraient Marsassoum Sankoung Sagnan et Sény. makamadiakhate@gmail.com