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Assis dans mes reins, je sirote mon picon bière J’ai pris racine ici, sur cette terrasse ordinaire Bouffé par mes manies, par mes dix ans de galère Tous les matins j’existe, je serre des mains, j’espère Dans le bistro, les costumes se taillent Les timides font semblant d’être ailleurs Les grandes gueules ont la voix qui déraille Et rient très fort pour cacher leur peur Alors j’picole J’picole pour tenir debout J’picole pour être quelqu’un Dans ce décor qui s’en fout J’picole À la santé des absents À l’amour qui passe devant Sans jamais prendre le temps Les yeux dans ses seins, je sirote mon picon bière Ses courbes sont des promesses que je n’ose pas faire Depuis dix ans, tous les jours, elle traverse ma misère On me tape l’épaule, j’existe encore, je m’accroche à la terre Elle glisse entre les tables, elle sert sans y penser Des sourires en équilibre sur des dettes de café Et moi au deuxième verre, je la regarde exister Par son chagrin discret, par ses silences usés Alors j’picole J’picole pour ne rien dire J’picole pour ne pas voir Que le temps sait mentir J’picole À son prénom muet À ce mot que je n’ai Jamais su lui donner Sous le néon blafard je noie mes chimères Les rires s’éteignent mais la fumée persévère Chaque soir depuis dix ans je confesse mes prières Au fond du verre épais qui me sert de frontière La pendule du comptoir récite son sermon Chaque tic-tac me dépouille d’un peu de saison Les vieux copains sont partis sans pardon Leurs verres vides me regardent à l’unisson On se dit qu’on a le temps Parce qu’on est toujours là Parce que la chaise tient Parce que le cœur fait semblant Mais le temps... Lui, il boit plus vite que nous Et moi j’picole À la femme qui ne sait pas Qu’elle a traversé ma vie Sans jamais me voir J’picole À mes dix ans de décors À ma gueule de figurant Dans mon propre sort Alors je reste, fidèle à ma poussière Au goût amer de mon picon bière Un soir viendra, ma chaise sera légère Le verre intact, le silence en colère Et quand elle passera sans lever les yeux Je serai parti, discret, presque heureux Dans l’odeur fanée de bière et de tabac On dira peut-être, à voix basse : « Il était toujours là... »