У нас вы можете посмотреть бесплатно Nicolas Offenstadt : « Le problème des comparaisons en histoire, c’est que ça obscurcit le présent » или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
Pour bien commencer cette semaine de commémorations de la Grande Guerre, l'historien Nicolas Offenstadt est l'invité de la Midinale. http://www.regards.fr VERBATIM Sur le principe de la commémoration « La commémoration ne doit pas se réduire aux grandes cérémonies officielles, ça doit être un moment de pédagogie. » « C’est un moment de grande pédagogie pour diffuser de l’histoire dans l’espace public. » « La commémoration, c’est l’occasion de réfléchir au rapport passé/présent. » Sur ce qu’on commémore aujourd’hui « On peut parler de victoire en terme "militaire" puisque les empires centraux ont été défaits. » « Pour les soldats revenus du front, y compris des soldats marqués à droite, patriotes et conservateurs, la victoire toute seule n’avait pas de sens : ça devait être le deuil et la paix. » Sur l’absence de défilé militaire « C’est une décision secondaire : on est à la fin d’un centenaire qui a duré plusieurs années, il y’a eu des centaines de commémorations militaires, non militaires, pacifistes, anti-militaristes, donc il ne faut pas se focaliser sur ce petit moment. » « C’est une décision en congruence avec ce que pensaient les anciens combattants : les soldats revenus du front disaient "nous ne voulons pas de célébration guerrière". » Sur le périple d’Emmanuel Macron pendant la semaine « C’est d’une grande banalité : le régime mémoriel du centenaire, c’est celui qu’on connait en France depuis trente ou quarante ans. » « On est dans un pays où la figure du soldat de 14-18 est très présente en France ; ce que fait Macron c’est simplement sanctionner un intérêt très général. » Sur la lecture de l’histoire et la responsabilité de l’Allemagne « Bien sûr que l’Allemagne n’est pas responsable seule du déclenchement de la guerre. » « La lecture de la seule responsabilité allemande a été une lecture politique qui a été faite au moment du Traité de Versailles. » « L’Allemagne a eu un rôle dans le déclenchement de la guerre mais elle est loin d’être la seule : l’Autriche-Hongrie a sa responsabilité, la Russie, la France ou même l’Angleterre par son absence de discours clair ont aussi leur part de responsabilité. » Sur la poids des nationalismes « La guerre n’est pas seulement une affaire de rivalité économique (...). On commerce bien mieux en paix qu’en guerre. » « La guerre n’est pas forcément dans l’intérêt des grands groupes capitalistes ou de l’impérialisme car parfois, la paix est plus rentable. » « Le nationalisme politique, les affrontements nationaux ont joué un rôle très important dans le déclenchement du conflit. » Sur les effets de la guerre sur l’histoire mondiale « Il y a une dimension d’émancipation dans la guerre : il y a eu une véritable révolte contre la guerre. Certains disent qu’il n’y a jamais eu autant de pacifistes et d’anti-militaristes qu’après la guerre. » « Dans le rapport à la guerre qu’on a encore aujourd’hui, 14-18 a marqué une césure. » « Le deuxième événement, c’est la naissance du communisme qui nait du feu. » « Les partis communistes sont nés de la Première Guerre mondiale donc le développement du communisme est né de la guerre. » Sur la comparaison d’Emmanuel Macron avec les années 30 « Le problème des comparaisons en histoire, c’est que ça peut obscurcir le présent. » « Il y a beaucoup de différences. Il y a des différences politiques : c’était un monde beaucoup plus violent politiquement, un monde où la crise économique avait eu des effets plus puissants que ce qu’on connait aujourd’hui, les nations et les structurations des instances supranationales n’étaient pas les mêmes, il n’y avait pas d’Union européenne, donc terme à terme, la comparaison, non. » « Les années 30, c’est la crise paradigmatique du basculement : de nombreuses républiques ont basculé dans l’autoritarisme. » « Ce moment de basculement peut nous faire réfléchir quand on connait, comme aujourd’hui, des tensions considérables. » Sur l’instrumentalisation de l’histoire « Une commémoration, c’est toujours du présent. » « Tout le monde utilise le passé dans une commémoration. La question c’est : dans quelle direction, pourquoi et à quelle fin ? » « Utiliser le passé, c’est normal, la question, c’est de ne pas le déformer à des fins politiques. » « Ceux qui nous expliquent qu’il faut absolument commémorer en termes militaires le passé, déforment une partie du passé en oubliant qu’il y a eu un rapport à la paix beaucoup plus fort que le rapport à la victoire chez les anciens combattants. » Sur ce que l’on peut attendre du discours présidentiel « Il faut une certaine justesse dans les mots. On ne demande pas à un président de la République de faire un cours d’histoire, ça n’est pas son rôle. » « Ce qu’un historien peut attendre du discours présidentiel, c’est parfois de donner un peu le sens de la complexité, de la multiplicité des choses, qu’il n’y a pas un grand récit unique qui nous mènerait du passé à aujourd’hui. »