У нас вы можете посмотреть бесплатно Châssis d'enfleurage Série " les Enfleureuses " или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
Châssis d’enfleurage usagés ( 56cm X 44cm ), peinture acrylique. Un fond de mémoire animiste me laisse penser que les arbres centenaires, les maisons où le gens ont été heureux, les outils tordus par l’usage accumulent au fil du temps une énergie secrète. Ces châssis permettaient de recueillir l’essence des fleurs fragiles comme le jasmin . Les fleurs étaient déposées sur les surfaces du verre enduites de graisse animale qui absorbait le parfum des fleurs pendant trois mois, jusqu'à saturation. La graisse parfumée était ensuite décantée et l’on tirait des fleurs l’absolue. Cette technique a été abandonnée vers 1930. Ces vieux cadres délaissés ont connu tant de récoltes, d’onctions grasses, de manipulations qu’ils détiennent une double et précieuse mémoire : 1 Celle du travail des femmes, ( je les nomme les enfleureuses ) petites-mains de l’industrie du parfum qui déposaient inlassablement jasmin, roses, tubéreuses sur le verre enduit de graisse. 2 Celle de fragrances qui se mêlaient lentement au gras jusqu’à ce qu’on en tire l’absolue. Réceptacle du grégaire ( le travail répétitif ) et du subtil ( le parfum des fleurs ) le cadre d’enfleurage concentre le problème qui se pose tous les matins : comment extraire les rares molécules de beauté des couches de laideur qui empâtent nos existences ? Les chinois ( pas les nouveaux milliardaires de l’IA ou de la fripe à deux yuans ) mais les taoïstes de la haute époque qui versifiaient en sifflant du vin de prune et refusaient obstinément tous les honneurs plaçaient au dessus de tout dans la hiérarchie des beautés le chant des oiseaux et le parfum des fleurs. Bref l’invisible. L’invisible : le casse-tête du peintre. Au fil du temps m’apparurent quelques pistes pour évoquer cet invisible : le respect du support, du châssis usagé, du verre de mauvaise qualité, l’incarnation des pétales au travers des traces, des éclats de peinture, une intervention minimale pour incarner les effluves et les vies de ces enfleureuses à jamais anonymes.