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Toute sa vie Martin Parr avait une obsession celle de croquer en photo les petits instants et les délices du quotidien. Martin Parr était boulimique et il avait le regard gourmand. Il n’y a qu’à regarder cette image de ces deux enfants dans la petite station balnéaire anglaise de New Brighton au début des années 1980. Deux chérubins en culotte courte et à tête blonde sont sur une promenade en bord de mer. La petite fille tient son doudou à bout de bras. A ses côtés, un garçon plus grand que l’on imagine son frère. Tous deux s’empiffrent de glaces à la vanille. Leurs visages en sont badigeonnés. La glace dégouline de leur cône dans une cascade de crème glacée. Leurs petites menottes en sont recouvertes. Il y en a partout, sur leur jambe, leurs chaussures et parterre. Ce cliché a fait la couverture du livre “The Last Resort”. C’est lui qui a fait découvrir dès 1986 l’humour So British du photographe au grand public. Avec ce livre devenu iconique, Martin Parr à la plage et va bien plus loin... Dès ses débuts, il a dépeint avec mordant la société anglaise et il l’a souvent fait à travers la nourriture... « J’adore les clichés parce qu’ils nous sont familiers. C’est eux qui nous définissent et à travers eux que l’on se définit », nous avait confié Martin Parr lors d’une interview en 2018 dans les locaux de la fondation qui porte son nom à Bristol. Le mauvais goût des uns peut devenir le bon goût des autres. Alors, pour en parler, on s’est amusé à juxtaposer deux photos de Martin Parr de ses semblables. La première est en noir et blanc. Nous sommes au banquet d’investiture du maire de Todmoren dans le West Yorkshire, en Angleterre en 1977. Devant la table qui courre l’image de part en part (sic), un buffet rempli de plats: de la viande, des salades, des œufs mayonnaises... Face au festin, des invités endimanchés en costume-cravate et tailleur dans un décor cossu. Tous mangent des yeux les victuailles avant de remplir leurs assiettes dans un ballet de bras et de mains. Dans le viseur du photographe, la banalité devient extra-ordinaire, délicieuse même. Autre salle, autre ambiance. Retour à New Brighton, en couleur cette fois-ci. Dans une baraque à frites de bord de mer, c’est la foire aux hot-dogs et aux boissons chaudes. Les vacanciers de tous âge en maillot de bain ou enroulés dans leur serviette de plage se tassent devant un comptoir. Sont posés dessus de larges distributeurs de ketchup et autres sauces qui coulent partout. C’est kitsch et indigeste. Le monde selon Parr est une comédie humaine acide. Au fil de ses 50 ans de carrière, Martin Parr a passé à la moulinette notre société de la consommation de masse. Ses clichés sont le miroir de nos travers. Effet grossissant assuré ! En chroniqueur avisé, il a poussé le bouchon très loin en documentant la Brit’ food au flash et en gros plans. Fluffy, gely, yummy... c’est la cuisine britannique qu’il a passé au crible. Un inventaire pas toujours appétissant mais instagrammable à souhait. Sa recette a été maintes fois copié depuis. Le style Parr est devenu un label et se consomme à travers le monde. Une petite anecdote pour la fin, si je puis dire... Il y a quelques années avec sa fille Ellen Parr, une cheffe à Londres, Martin a monté des happenings où elle a élaboré des plats qui reproduisaient les photos de son père. Bien sûr, tout était à manger. Le nom des événements ne manquait pas de saveur : “Say Cheese”. Voilà, c’était ça Martin Parr, un homme à croquer. © Martin Parr / Magnum Photos. Une chronique diffusée sur TSF Jazz mercredi 10 décembre 2025 à 8h15.