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Extrait de l'émission Ca peut faire de mal du 14.07.2014 de Guillaume Gallienne consacré à "la mère". Pour réécouter l'entièreté de l'émission : http://www.franceinter.fr/emission-ca... "A mon enfant. Mon fils, tenez-vous à ma robe, Soyez ardent et diligent ; Déjà le matin luit, le globe Est beau comme un lingot d'argent ! C'est de désir que ma main tremble, Venez avec moi dans le vent : Nous aurons quatre ailes ensemble, Nous boirons le soleil levant. Nous aurons l'air d'aller en guerre Pour le bonheur, pour le plaisir, Pour conquérir toute la terre Et son ciel qu'on ne peut saisir. Qu'importe votre frêle mine, Et mes pas souvent hésitants, Si les brises de Salamine Gonflent nos vêtements flottants ! Je serai la Victoire blanche Tendue au vent d-un coteau grec : Le vent nous irrite et nous penche, Mais on marche plus vite avec. Retenez-vous à mon écharpe, Vous êtes mon fils : il faut bien Que vos cheveux, comme une harpe, Jettent un chant éolien ! Vous avez dormi dans mon âme : Il faut que votre être vermeil S'élance, se meuve, se pâme ; Combattez avec le soleil ! L'air frappera votre visage; Avancez, joyeux, furieux, L’important n'est pas d'être sage, C'est d'aller au-devant des Dieux. Comme on voit, sur un vase étrusque, La danseuse et le faune enfant, Nous poserons, d'un geste brusque, Sur le monde un pied triomphant. Je ne sais pas où je vous mène; Je vous mène où sont les héros C’est un vaste et chantant domaine, Le plus terrible et le plus haut. Que votre main sur votre bouche Presse tout ce qui brûle et luit ; L'univers me semblait farouche, Je fus amoureuse de lui ! Que m’importe votre doux âge ! On est fort avant d'être grand ; Je suis née avec mon courage, Soyez un petit aigle errant. Ah ! que pendant toute ma vie Je puisse voir à mes côtés Lutter votre âme ivre, ravie, Vos bras, vos genoux exaltés ! Et, le jour où je serai morte, Vous direz à ceux qui croiront Que j'ai poussé la sombre porte Qui mène à l'empire âpre et rond : « Je l'ai laissée au bord du monde, Où l'espace est si bleu, si pur. Elle semblait vive et profonde Et voulait caresser l'azur, Je n'ai pas eu le temps de dire « Que faites-vous ?... » Le front vermeil, Je l'ai vue errer et sourire Et s'enfoncer dans le soleil »"