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[Paroles ci-dessous] Un long instant de contemplation au bord d’une mare, éclairée par la lune. Une pure poésie aux courts vers de cinq syllabes. L’âme rêveuse, à la fin de la veillée, scouts et guides aiment à chanter cette nature ordinaire et si belle. Paroles : Marc Legrand Musique : Victor Meusy Harmonisation : Henri Gire Interprété par : le Chœur Scout de Touraine Enregistré à Tours (Indre-et-Loire), 2022 Hodari page 176 1. La nuit est limpide, L’étang est sans ride, Dans le ciel splendide Luit le croissant d’or. Orme, chêne ou tremble, Nul arbre ne tremble, Au loin, le bois semble Un géant qui dort. Chien ni loup ne quitte Sa niche ou son gite, Aucun bruit n’agite la terre au repos. Alors, dans la vase, Ouvrant en extase Leurs yeux de topaze, Chantent les crapauds. 2. Ils disent : Nous sommes Haïs par les hommes, Nous troublons leur somme De nos tristes chants. Pour nous, point de fêtes, Dieu seul, sur nos têtes, Sait qu’il nous fit bêtes Et non point méchants. Notre peau terreuse Se gonfle et se creuse ; D’une bave affreuse Nos flancs sont lavés. Et l’enfant qui passe Loin de nous s’efface, Et pâle, nous chasse À coups de pavés. 3. Des saisons entières, Dans les fondrières, Un trou sous les pierres Est notre réduit. Le serpent en boule Près de nous, s’y roule. Quand il pleut, en foule Nous sortons la nuit. Et dans les salades, Faisant des gambades, Pesants camarades, Nous allons manger, Manger sans grimace, Cloporte ou limace, Ou ver qu’on ramasse Dans le potager. 4. Nous aimons la mare Qu’un reflet chamarre, Où dort, à l’amarre, Un canot pourri. Dans l’eau qu’elle souille, Sa chaîne se rouille ; La verte grenouille Y cherche un abri. Là, la source épanche Son écume blanche ; Un vieux saule penche Au milieu des joncs. Et les libellules Aux ailes de tulle Font crever des bulles Au nez des goujons. 5. Quand la lune plaque, Comme un vernis laque, Sur la calme flaque, Des marais blafards, Alors, symbolique Et mélancolique, Notre lent cantique Sort des nénuphars. Orme, chêne ou tremble, Nul arbre ne tremble, Au loin, le bois semble Un géant qui dort. La nuit est limpide, L’étang est sans ride, Dans le ciel splendide Luit le croissant d’or.