У нас вы можете посмотреть бесплатно Archie Shepp – Poem For Malcom [Full Album] или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
Если кнопки скачивания не
загрузились
НАЖМИТЕ ЗДЕСЬ или обновите страницу
Если возникают проблемы со скачиванием видео, пожалуйста напишите в поддержку по адресу внизу
страницы.
Спасибо за использование сервиса ClipSaver.ru
Archie Shepp – Poem For Malcom (1969) 00:00 Mamarose • Poem For Malcolm (07:12) Bass – Alan Silva Drums – Claude Delcloo Piano – Burton Greene Tenor Saxophone, Voice – Archie Shepp Timpani [Tympani] – Philly Joe Jones Written-By – A. Shepp 13:07 Rain Forest • Oleo Bass – Malachi Favors Drums – Philly Joe Jones Piano – Vince Benedetti Tenor Saxophone – Hank Mobley Tenor Saxophone, Piano – Archie Shepp Trombone – Grachan Moncur III Written-By – A. Shepp, Miles Davis Arranged By [All Tunes] – Archie Shepp Coordinator [Coordination], Photography By [Photos] – Jacques Bisceglia Engineer – Claude Jauvert Executive-Producer – Claude Delcloo Liner Notes – Philippe Carles Producer – Jean Georgakarakos, Jean-Luc Young Recorded August 14, 1969, Paris. Plus évident encore que dans l'album « Yasmina, Black Woman », le double parti-pris de la musique d'Archie Shepp : d'un côté, le goût d'un climat traditionnel dont il se sent solidaire/héritier ; de l'autre; une inlassable curiosité pour tout un univers de sons et de bruits qu'il lui faut explorer jusqu'en ses moindres recoins. [...] Le bop et les traditions annexes (Rain Forest/Oleo), la diversité de la new thing et sa signification politique évidente (Mamarose/Poem for Malcolm), la volonté de libération instrumentale... A ce propos, il convient d'insister sur cet aspect important du jazz actuel : la curiosité (presque la naïveté) instrumentale des musiciens. Tout se passe comme s'ils refusaient d'être considérés définitivement comme les spécialistes d'un instrument particulier. Ici, par exemple, Shepp joue pour la première fois du saxophone soprano... Quant à Burton Greene, il refuse d'être limité au seul usage classique de son clavier et attaque son piano de toutes les manières possibles, modifiant la force et le son du choc sur les cordes, « préparant » la table d'harmonie à l'aide d'accessoires divers, s'efforçant, en fait, de multiplier les possibilités jugés « trop sage ». Mais c'est surtout au niveau de Shepp lui-même que cet album exige d'être écouté avec attention. Outre le fait que le saxophoniste y joue du soprano, le morceau qui a donné son titre à l'album — Mamarose/Poem for Malcolm — constitue le terme d'une longue marche du musicien, une marche dans le sens d'une adéquation plus parfaite de ses préoccupations aux sonorités de sa musique. Car Shepp, il faut le rappeler, n'est pas que musicien. Longtemps, il a hésité entre une carrière d'écrivain de théâtre et son goût pour le jazz. Auteur résolument « engagé », il a écrit des pièces et nombre de poèmes où il précise ses colm ». Aujourd'hui, c'est un nouvel hommage au leader noir assassiné qu'il nous propose sur fond rythmique simcraintes et ses espoirs. De lui, on connaissait déjà « Malcolm, semper Malple et homogène, au terme d'une longue séquence de délires divers et qui se superposent jusqu'à ce qu'intervienne quelque explosion ou une phase brève de répit. Certes, on peut s'interroger quant aux possibilités de coexistence de deux tendances aussi étrangères l'une à l'autre, traditions et délire visionnaire. A cela, le saxophoniste répond : « La musique appelée New Thing n'est pas vraiment une chose nouvelle. Le nouveau jazz, c'est le vieux jazz. Il n'y a rien de franchement nouveau là-dedans si ce n'est un message qui n'avait jamais pu être formulé jusqu'à maintenant. C'est en ce sens qu'on peut dire qu'il y a quelque chose de nouveau. Et ce message, c'est la vérité. Il raconte la souffrance d'une masse de gens. Il parle de l'émancipation, de la destruction des ghettos et du fascisme. Je suis un musicien de jazz noir, un père de famille noir, un Américain noir, un antifasciste ; je suis indigné par la guerre, le Vietnam, l'exploitation de mes frères et ma musique raconte tout ça. C'est cela la New Thing... Les Européens ont fait la guerre deux fois. C'est un élément de vérité... Toute la question des engagements moraux, politiques ou sociaux était une chose importante pour ces hommes qui ont fait la guerre. C'est pourquoi, de nos jours, l'artiste européen blanc a un point de vue. Les Noirs américains, pendant longtemps, se sont vu imposer un point de vue qui n'était pas le leur... Par un étrange hasard, je suis un des quelques rares Noirs qui peuvent vivre décemment. J'ai eu de la chance, mais derrière moi, dans mon dos, il y a une foule de gens qui souffrent : certains se rebellent dans les rues de Harlem, d'autres sont les futurs saxophonistes de la New Thing. » (Propos extraits de « Jazz Magazine », n° 125.) Philippe Caries, « Jazz Magazine ».