У нас вы можете посмотреть бесплатно Adrien Passant Former des auxiliaires colonisés en Indochine: l'Ecole Supérieure de Commerce d'Hanoi или скачать в максимальном доступном качестве, видео которое было загружено на ютуб. Для загрузки выберите вариант из формы ниже:
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Dans cette vidéo, Adrien Passant nous présente l’histoire de l’Ecole Supérieure de Commerce d’Hanoï, qui fut fondée en 1920 et fermée en 1932. Ce travail est pour le moins original, car peu d’historien de l’enseignement commercial se sont intéressés au milieu colonial. Ainsi, dans cette colonie d’exploitation, qu’on appelait alors la perle asiatique de l’empire, cette école fut ouverte aux indochinois : la main d’œuvre venue de métropole était en effet trop faible pour faire fonctionner par elle-même la colonie, il fallait donc former « sur place » la main d’œuvre, d’autant que la France souhaitait augmenter le rendement de ce territoire colonisé suite à la première guerre mondiale. En effet, du fait de la pénurie de main d’œuvre que les quatre années de guerres avaient engendré dans la métropole, l’empire devait prendre le relai. Les élèves avaient alors dans cet établissement un enseignement assez similaire à celui que donnait à la même époque les écoles de commerce en métropole, même si sur certains points ( la publicité en particulier, qui n’était pas enseignée à Hanoï mais l’était à HEC Paris) l’école de commerce d’Hanoi était en retard. Les cours, qui étaient donnés par d’anciens élèves d’écoles de commerce françaises, durent être adaptés aux particularités de la vie, sociale et économique, de l’Indochine – Yves-Frédéric Livian, dans sa question à la suite de la présentation, rappellera que cette problématique d’adapter des enseignements occidentaux à des pays du Sud se rencontre encore tout à fait dans la période contemporaine, voir l’article d'Yves Frederic Livian et Emmanuel Kamdem disponible ici https://shs.cairn.info/revue-manageme... -. Les résultats de cette école furent mitigés : elle accueilli tout d’abord de très faibles effectifs. Egalement, elle ouvrit peu d’opportunités pour les élèves autochtones d’obtenir des postes à responsabilités dans les entreprises privées indochinoises, tout simplement du fait des préjugés racistes des français installés sur place et qui géraient ces entreprises. Aussi, beaucoup d’élèves se dirigèrent vers un travail de fonctionnaire, très prestigieux dans la culture asiatique ( le mandarinat) et bien plus sûr à partir des années 1930 et l’ « arrivée » de la crise de 29 dans la colonie : les élèves préférèrent dans cette période d’incertitude des statuts plus stables et moins précaires qu’un poste dans une entreprise privée, du fait du risque de licenciement. L’objectif de former de la main d’œuvre pour l’économie privée ne fut donc clairement pas atteint. Signalons aussi que cette école fut un moyen d’imposer la culture française, par des normes imposées aux élèves en termes d’habillement ou même de nourriture. Lors des remarques du public, qui concernèrent la valorisation universitaire de ce travail, fut abordé la problématique épistémologique de l’apport théorique : cela amena une remarque très pertinente de François Vatin sur la nécessité, et le droit, dans un contexte scientifique qui a parfois tendance à dénigrer ce type d’approche, de faire de l’histoire, afin de pouvoir établir des faits. La problématique, la généralisation, ne doit se poser, si elle se pose, que dans un second temps. Nous nous permettons de retranscrire les mots de François Vatin (voir à partir de 31’30), pour qui il ne faut pas «se faire imposer les normes de bien pensance de la science » et pour qui il ne sert à rien de « maquiller une étude empirique avec les dernières modes idéologiques » (par cela, François Vatin selon nous désigne les cadres théoriques à la mode) : répétons nous, car cela est important : il faut aussi établir les faits, et donc faire de l’histoire, avant de chercher une généralisation ou une conformité à un cadre théorique. Personnellement, il nous semble que la focalisation sur les cadres théoriques, qui sont souvent, à bien y regarder, de simples généralités indépassables (par exemple les entreprises créent des ressources/ l’environnement impacte l’entreprise) : amène souvent finalement à « couper les cheveux en quatre », alors que la mise en évidence de faits nouveaux empiriques nous semble bien plus à même d’enrichir notre réflexion. Ce travail empirique donc d’Adrien Passant a donné lieu à deux articles : https://www.tandfonline.com/doi/pdf/1... https://shs.cairn.info/revue-revue-fr... un article, publié dans le numéro spécial «Histoire de la Pensée Managériale » de la Revue Française de Gestion qui concerne plus particulièrement le formation comptable ( à l’époque la comptabilité dispose d’un rôle central dans l’enseignement commercial, que ce soit en France ou en Indochine), et comment celle-ci fut adaptée au contexte indochinois, à l’Ecole de commerce d’Hanoi mais aussi à l’École d’application commerciale en 1922 à Saigon.