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Est-il possible aujourd’hui de vivre et de gagner sa vie comme si cela n’existait pas, et jusqu’à quand ? Je me suis demandé cela en écoutant un chanteur que j’aimais pour sa couleur et sa colère, qui aujourd’hui n’ose plus, n’ose pas dire ce qu’il a fond de lui, au fond de soi. Je me suis dit ça aussi en entendant parler chaque jour autour de moi, et en comprenant que la libre pensée, conscience, n’était pas une possibilité, et que malgré tout, malgré l’étouffement de la société, il nous faut poursuivre et continuer. Une Fille Presque Rangée, nous sommes le 15 octobre 2023, et je suis avec Stefan Zweig aujourd’hui. Extraits choisis - L’uniformisation du monde, le 1er février 1925 « D’où provient cette terrible vague qui menace d’emporter avec elle tout ce qui est coloré, tout ce qui est particulier dans nos vies ? Quiconque y est allé le sait : d’Amérique. » « (…) l’Amérique : en réalité, nous devenons les colonies de sa vie, de son mode de vie, les esclaves d’une idée qui nous est, à nous, Européens, profondément étrangère : la mécanisation de l’existence. » « (…) pour les âmes serviles, tout asservissement paraît doux, et l’homme libre sait préserver sa liberté en tous lieus. Le vrai danger pour l’Europe me semble résider dans le spirituel, dans la pénétration de l’ennui américain, cet ennui horrible et très spécifique qui se dégage là-bas de chaque maison des rues numérotées, cet ennui qui n’est pas, comme jadis l’ennui européen, celui du repos, celui qui consiste à s’asseoir sur un banc de taverne, à jouer aux dominos et à fumer la pipe, soit une perte de temps paresseuse mais inoffensive : l’ennui américain, lui, est instable, nerveux et agressif, on s’y surmène dans une excitation fiévreuse et on cherche à s’étourdir dans le sport et les sensations. L’ennui n’a plus rien de ludique, mais court avec une obsession enragée, dans une fuite perpétuelle du temps. » « De l’Amérique vient cette terrible vague d’uniformité qui donne à tous les hommes la même chose. (…) Fatalement de l’autre côté de notre monde, en Russie, sévit la même volonté de monotonie, mais sous une forme différente : la volonté de morceler l’homme et d’uniformiser la vision du monde, elle-même terrible volonté de monotonie. L’Europe est encore le dernier rempart de l’individualisme. » « L’idéal le plus élevé de la moyenne : offrir du plaisir sans exiger d’effort. » « La plupart des gens ne s’aperçoivent pas à quel point ils sont devenus de particules, des atomes d’une violence gigantesque. Ils se laissent ainsi entrainés par le courant qui les happe vers le vide. » « Maintenant c’est autour de l’Europe : la guerre mondiale a été la première phase, l’américanisation est la seconde. » « Mais nous devons avoir conscience que nous manquons depuis longtemps d’un quelconque pouvoir pour tenter la moindre chose contre cette uniformité croissante du monde. » « Le dernier recours ; il ne nous en reste qu’un seul, puisque nous considérons la lutte vaine : la fuite, la fuite en nous-même. On ne peut sauver l’individu dans le monde, on ne peut que défendre l’individu en soi. La plus haute réalisation de l’homme spirituel reste la liberté, la liberté par rapport à autrui, aux opinions, aux choses, la liberté pour soi-même. Et c’est notre tâche : devenir toujours plus libre, à mesure que les autres s’assujettissent volontairement ! » « Séparons-nous à l’intérieur, mais pas à l’extérieur : portons les mêmes vêtements, adoptons tout le confort de la technologie, ne nous consumons pas dans une distanciation méprisante, dans une résistance stupide et impuissante au monde. Vivons tranquillement mais librement, intégrons-nous silencieusement et discrètement dans le mécanisme extérieur de la société, mais vivons en suivant notre seule inclination, celle qui nous est la plus personnelle. »