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Luc Romann accompagné par Cyril Duclos, " Chronique tsigane " (1997) C'est à l'automne 1996 que j'ai connu Luc Romann. Il devait se produire en récital à Beaucourt, près de la frontière Suisse et m'a proposé de me joindre à cette aventure musicale. J'ai immédiatement accepté et c'est ainsi que j'ai eu le bonheur de commencer mes premiers concerts avec l'immense Luc Romann. Ce fut un enchantement, et au retour notre collaboration est rapidement entrée dans une phase artistique et amicale intensive comme j'ai rarement connu. Romann était un être attachant, très original, avec une personnalité remarquable et authentique. Il n'était pas rare qu'il me présente deux ou trois chansons nouvelles lors de nos séances musicales pourtant fréquentes, il était très créatif à l'époque. Sa musique était imprégnée de voyages merveilleux et d'une mémoire ethno-musicale si vaste qu'elle me paraissait couvrir de multiples styles, continents, origines, et temporalités, allant même jusqu'à emprunter des rythmes impairs très complexes dont il ignorait pourtant jusqu'à l'existence théorique. Romann était un funambule harmonique et rythmique, il avait cette aptitude phénoménale à infuser son inspiration dans la mémoire collective de l'humanité pour en collecter des trésors qu'il apprêtait de ses propres parures émotionnelles et narratives. Romann était un enchanteur et un génie des mille et une nuits de l'improvisation et de la composition, son talent était inouï. Quant à ses textes et poèmes, ils sont dignes des plus grands auteurs. C'était un expert impressionniste de la langue française qu'il aimait tant, recherchant toujours la simplicité, l'efficacité, l'authenticité et la beauté dans la combinaison des mots. C'était un sorcier, un conteur, un poète et lorsqu'il s'exprimait, il savait transporter ses interlocuteurs dans une autre dimension, comme dans une transe hypnotique induite par le rythme des mots et le son de sa voix. Cette faculté à charmer un auditoire entrait dans la plénitude de sa fonctionnalité dès qu'il se mettait à chanter, il sublimait l'ambiance et renouvelait ce prodige toute sa vie avec une aisance incomparable. Romann est certainement un des artistes les plus incroyables parmi ceux que j'ai accompagné et sans conteste celui avec lequel j'ai eu la plus grande connivence. Il me faisait parfois penser à un mage, un prophète, un grand mystique, un devin, il semblait connaitre d'extraordinaires secrets sur la destinée de l'humanité, la cosmogonie, la transcendance, la thaumaturgie, l'ontologie ou la métaphysique, comme s'il avait vécu dans des époques reculées ou bibliques. C'était un grand sage surgit du fond des âges. Il se décrivait parfois comme un chaman et avait aussi des connaissances très poussées sur la nature, la cuisine, les plantes médicinales et l'art de rêver. C'était un magicien et son rapport au métier de chanteur était d'ailleurs extrêmement spécial pour ne pas dire totalement unique et inédit. Je n'ai jamais connu un tel détachement associé à ce degré de lucidité. Romann était comme en contact avec sa partie subconsciente, sa connaissance de sa propre nature spirituelle était d'une ampleur incommensurable et un art de vivre intellectif. Il était réellement un Saint Homme, émouvant à chaque instant. Alors que la plupart des artistes démarchent et s'agitent autant qu'ils le peuvent pour se faire remarquer des producteurs et accéder à la célébrité tant convoitée, lui paraissait en contradiction complète avec cet aspect du show-business. Le destin semblait pourtant le poursuivre comme s'il s'acharnait à vouloir le rendre célèbre mais Romann donnait l'impression de s'appliquer à déjouer avec méthode et clairvoyance ce qu'il considérait comme un sortilège de la destinée. Il considérait la célébrité comme une sorte d'anomalie, une conspiration universelle contre toute forme de créativité, une atteinte à l'identité artistique originelle. L'industrie du disque n'était pour lui qu'un exemple moyen et médiocre du monde des hommes, malade de son système économique et élitiste. Il ne souhaitait pas y participer et cette décision avait été prise pratiquement dès le début de sa carrière. Sa vision grandiose de l'être humain était inconciliable avec la manière dont se pratique le métier d'artiste dans ce monde et dans cette époque. Il ne connaissait que l'échange, la communion, l'offrande et considérait la notion de commercialisation comme le début de l'anéantissement des valeurs de fraternité qui étaient les siennes. La compréhension et l'accomplissement de l'art selon Luc Romann et son génie pour le transcender relèvent de l'invocation cosmique, d'un partage infini dans le sens littéral du terme, c'est à dire dont on ne peut observer ni concevoir aucune limite. Je suis intimement convaincu qu'il poursuit cette œuvre dans ces sphères de l'existence supraconsciente dont il a su nous offrir un aperçu émotionnel dans ses chansons et dans ces instants inoubliables de simplicité.