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Titre original (vidéo) : M. Meirieu – « Faut-il en finir avec les lieux communs ? » – Mai 2015 Chaîne YouTube d’origine : INSPÉAuvergne Intervenant : Philippe Meirieu Parties : Part 1 + Part 2 Dans cette conférence (Part 1 + Part 2) publiée par la chaîne INSPÉAuvergne en mai 2015, Philippe Meirieu propose un exercice rare et précieux : une critique du langage pédagogique. Son point de départ est simple et exigeant : si l’on veut comprendre ce qui se joue réellement à l’école, il faut interroger les mots que l’on utilise “naturellement” pour parler des classes, des élèves, des apprentissages et de l’éducation. Meirieu revendique une approche de type philosophie critique : examiner “ce que parler veut dire”, débusquer les malentendus et retrouver ce qu’il appelle une qualité essentielle du métier : la fermeté linguistique. Pour lui, un langage approximatif, “bavard”, ou trop flou empêche la construction d’instruments psychiques nécessaires à l’appropriation des savoirs et, au-delà, à la compréhension du monde. Qu’est-ce que la pédagogie ? Meirieu clarifie d’abord un point central : la pédagogie n’est ni “les sciences de l’éducation” (nées en France à la fin des années 1960 en se démarquant de la pédagogie), ni le discours éducatif habituel. Il s’appuie sur une définition opératoire (Jean Houssaye) : la pédagogie est l’enveloppement mutuel et dialectique de la théorie et de la pratique éducatives, par la même personne, sur la même personne. Le pédagogue est un praticien-théoricien : il agit, réfléchit sur son action, transforme ses pratiques, recommence. D’où une tension constitutive : la conjonction théorie/pratique est à la fois nécessaire et impossible, et c’est dans cet écart que “se fabrique” la pédagogie. Les “lieux communs” : utiles… mais piégeux Meirieu emprunte à Daniel Hameline l’idée de “lieux communs pédagogiques” : des formules qui créent du consensus, unissent des personnes très différentes autour de termes ambigus, et permettent l’action… au prix du malentendu. Exemple : “l’enfant doit être actif” – personne ne défend l’inverse, pourtant le sens concret reste indéterminé. Ces lieux communs peuvent avoir une fonction sociale (mobiliser, redonner courage), mais ils ne résistent pas toujours à l’analyse historique et philosophique. Meirieu insiste : on ne doit pas s’arrêter au slogan. Il faut chercher les interprétations, y compris contradictoires, car c’est là que se révèlent les vrais enjeux éducatifs. Il illustre cette méthode avec des expressions consensuelles comme “Échec à l’échec” ou “le droit de l’enfant au respect” : tout le monde approuve, mais le contenu varie radicalement selon les conceptions (libérale, social-marxiste, religieuse ; compassionniste, culturaliste, interventionniste, etc.). Sans clarification, le discours pédagogique devient une évidence creuse. Compétences, individualisation : quand le lieu commun se retourne Meirieu revient sur la notion de compétence, qu’il a lui-même promue, notamment comme antidote à “l’idéologie des dons” (si la créativité est une compétence, elle devient formable). Mais il montre comment le terme a été enrôlé dans des logiques de référentiels d’employabilité, de segmentation, de perte de sens, et parfois de béhaviorisme (évaluation par cases, livrets, dilution de la culture). La question n’est pas de basculer du “pour” au “contre”, mais de comprendre la contradiction : comment articuler finalités et modalités, sans tomber ni dans l’ineffable, ni dans le pilotage technocratique. Dans la Part 2, Meirieu approfondit le lieu commun de l’individualisation : il rappelle son histoire (Parkhurst, plan Dalton ; Claparède et “l’école sur mesure”), puis décrit comment, dans les années 1980–1990, l’individualisation a pu devenir un système de repérage, classement, externalisation et contrôle — avec le risque d’une hégémonie du paradigme médical (dys-, remédiation) et d’une désagrégation du collectif de la classe. Une conclusion constructive : 3 verbes régulateurs Sans cynisme ni renoncement, Meirieu propose trois verbes comme “pépites” après la critique : SURSEOIR – SYMBOLISER – COOPÉRER. Surseoir : installer entre pulsion et acte un temps de pensée (“non, pas tout de suite”), nourrir le sujet par la culture. Symboliser : construire la représentation, le récit, la pensée — contre la surenchère d’effets et l’obscénité du “tout voir”. Coopérer : apprendre l’exigence réciproque, l’autorité fondée sur la responsabilité, et les conditions d’une attention collective. Une conférence dense, stimulante, et profondément actuelle pour toute personne qui enseigne, forme, ou réfléchit à l’école : déconstruire les slogans pour retrouver la rigueur des enjeux… et le courage d’éduquer.